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02 août 2020

Les Vierges de Satan (The Devil rides out) 1968 Terence Fisher

vierges de satan

Voilà quelques années que j'ai envie de voir ce film. Penses-tu : Terence Fisher, Christopher Lee, Richard Matheson au scénario, de la sorcellerie, mama mia. Beh c'est tellement mauvais que c'en est amusant. Il a pas dû se surmener en écrivant ça, le gars Matheson : on ne saura rien de rien de ses personnages, qui sont-ils, que veulent-ils, etc. Pourquoi l'un deux arrive en hélico au début du film ? On s'en fout. Pourquoi, avant de s'inquieter de la disparition de son ami et d'appeler l'autre à la rescousse, Christopher Lee n'est pas allé voir s'il était chez lui (vu qu'il y était) ? On s'en fout. De même, Christopher Lee s'absente deux fois, laissant les autres se démerder, puis réapparait, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Ou alors Leon Greene qui épie une messe noire en pleine forêt, aussi discret derrière son buisson que s'il éclusait un Mannhatan au bar de l'hôtel de la Paix. Bon, la liste des questions sans réponses, raccourcis maladroits, situatios ridicules et autres coïncidences invraisemblables est très longue. Christopher Lee porte bien le costume trois pièces mais ne fait pas grand chose d'autre. Terence Fisher fait le minimum du minimum lui aussi. Les effets spéciaux sont pô terrible, ont mal vieilli, mais c'est pô grave. Bref un script pas en état d'être filmé, et un film nanardesque. La seule bonne chose reste le titre français, malheureusement mensonger. A noter que le film inclus sa propre autocritique quand Paul Eddington, pas convaincu de l'existence du diable, émet son avis : -"Frankly, I think we're behaving like a pack of idiots.". A noter également, dans le rôle de Tanith, Nike Arrighi, qui joue la maquilleuse dans La Nuit Américaine. En 1968, ces vierges ne risquaient pas de faire de l'ombre à Polanski. (vu en 2020)

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Le Démon dans la chair (Il Demonio) 1963 Brunello Rondi

démon dans la chair

Je m'attendais à un film d'épouvante gothique à la Bava. Quel film étonnant, on ne sait pas très bien, au début, à quoi on a affaire. On nous dit avec le plus grand sérieux qu'on va nous montrer de la magie noire telle qu'elle est vécue dans ces régions ancestrales de l'italie du sud, OK, et effectivement on voit une jeune femme qui concocte un sort, et surtout les habitants de ce village qui sont aussi superstitieux que je suis fainéant. On est pas encore sûr de ce que l'on regarde, mais il est clair que c'est tourné sur place, que la plupart des rôles sont tenus par les habitants eux-mêmes. Alors, cette femme est-elle une sorcière ? C'est là que le film est fort et étonne : hormis quelques détails, rien ne permet d'affirmer qu'il y a effectivement de la magie dans l'air, elle est peut-être juste un peu trop amoureuse et passionnée, voir un peu fêlée, et c'est peut-être tous ces culs-bénis qui en font une sorcière (ils ont l'air de s'y connaître, en bûcher notamment). De même, rien ne permet d'affirmer qu'il n'y a pas quelques diablerie à l'oeuvre ; il faut voir cette scène à l'église où elle crache sur le prêtre, grimace devant un crucifie, fait la marche de l'araignée et se met à parler une langue qui ne ressemble pas trop au patois du cru. A ce propos, il est impossible de ne pas penser à l'exorciste en voyant ça... Il n'y a pas tout le folklore habituel, pas de maquillage, pas d'effets spéciaux, pas d'apparition, aucune scène qui cherche à choquer ou à faire peur, rien d'incroyable donc, juste un chat crevé, des cendres de cheveux ensanglantés, une faux qu'on glisse sous un lit... Le scénario progresse par saynètes sans vraiment de continuité, sans suspens, à la façon d'un documentaire, relevé par une belle musique en contrepoint du ton du film, de Piero Piccioni. Du coup on a quelque chose comme un film d'épouvante néoréaliste, très directe et sincère. Brunello Rondi ne nous donne pas notre dose de sorcellerie règlementaire, mais en même temps si, en tout cas ne cherche pas la séduction (Rosemary's Baby, par exemple, terrifie et séduit, nous comble de joie), s'en tient au faits et propose un film qui se dérobe et s'impose à la fois. Daliah Lavi est parfaite, grande tige brune et belle, sorcière et victime.

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28 juillet 2020

L'Extravagant Mr Deeds (Mr. Deeds goes to town) 1936 Frank Capra

Les craintes du début sont vite balayées : on pouvait croire que ça va être le film des gens simples et leur bons sentiments, genre Forrest Gump, mais non, le scénario est très malin. Mr. Deeds peut paraître naïf, et il l'est, mais il a aussi oublié d'être con. A partir de là, c'est une excellente comédie, Capra a le sens du rythme, sa mise en scène a quelque chose d'efficace, au service des acteurs, mais accélérant quand il faut (voir l'accident du début expédié en trois secondes et trois plans). Et même si bons sentiments il y a forcément, il a l'élégance de les glisser sous un humour irrésistible, sans oublier de gratter là où ça démange. Le beau Gary Cooper à toujours l'air de se sentir un peu trop grand dans sa carcasse, Jean Arthur est une femme à marier. C'est mon premier Capra, je ne pensais pas être conquis, mais c'est le cas. (vu en 2020)

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27 juillet 2020

Josey Wales hors-la-loi (The Outlaw Josey Wales) 1976 Clint Eastwood

Voilà un des mes Eastwood favoris, même si je conviens que ce n'est pas celui qui plaide le mieux en faveur du réalisateur. En effet, les scènes de fusillades sont peu inspirées, peut-être le point faible du film. En revanche il s'en tire très bien quand c'est plus calme, quand il dégaine tranquillement pour éliminer deux gros fils de putes par exemple. Clint n'est pas un réalisateur de film d'action, mais il est à l'aise pour filmer des faces à faces. Ce n'est donc pas aussi bon et aussi ultime qu'Unforgiven, c'est clair, et pourtant ma côte d'amour est énorme. Je le préfère à High Plain Drifter ou à Pale Rider, malgré ses points faibles, peut-être même à cause d'eux, peut-être parce qu'il est plus touchant (cette fois le mec a un nom, un passé), peut-être à cause de ses allures de road-movie. C'est surtout ce voyage où l'on passe d'une forêt enneigée au désert, du Missouri au Texas, d'une ville de l'ouest à une réserve indienne, cette traversée qui revisite tous les paysages et les climats du western, et cette histoire qui le voit partir seul contre tous, et petit à petit rejoint, malgré lui, par un vieil indien trop civilisé, une squaw rejetée par les siens (elle n'a pas assez résisté quand on l'a violée...), une vieille grand-mère têtue et sa fille un peu simplette, et un chien famélique, qui en font un film magnifique. Sinon, je ne trouve pas qu'il ressemble à un film des années 70, il m'a l'air d'avoir 10 ans de moins. (vu en 2020)

josey wales

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26 juillet 2020

Désirs volés (Nusumareta yokujô) 1958 Shohei Imamura

Je reconnais bien le style de l'auteur de Cochons et Cuirassés, même si ce premier film n'est pas si percutant. Il y a donc une troupe de théâtre fauchées, rigolarde et très vivante, un jeune homme tiraillé entre désirs et sentiments, entre passion et bon sens , des hommes toujours dans leur obsessions, que ce soit professionnelle ou sexuelle, des femmes les pieds sur terre qui leur tienne vaillamment tête. Ça bouge, ça crie, Imamura en fait une marmite en ébullition et regarde tout ça avec réalisme et tendresse. (vu en 2020)

désirs volés

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25 juillet 2020

Un Eléphant ça trompe énormément 1976 Yves Robert

Il faut croire que c'est une bonne comédie, rien de plus certes, puisque plus de quarante ans après ç'est toujours assez drôle et charmant. Je dis ça, parce qu'on parle de comédie française, là. Je ne dis pas que revoir ces acteurs disparu récemment (doucement, Claude Brasseur est toujours là) ne joue pas dans le petit plaisir qu'on a à revoir ce film aujourd'hui, ni d'ailleurs de revoir cette France, elle aussi disparue. Je ne dis pas non plus que c'est un bon film, mais une comédie qu'on regarde avec un sourire entendu aux lèvres, certainement. (vu en 2020)

elephant

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24 juillet 2020

Le Canardeur (Thunderbolt and Lightfoot) 1974 Michael Cimino

Dès les premières minutes, on comprend qu'il y a de l'aisance dans l'écriture, voir de la virtuosité, que c'est bien mis en scène, qu'on va voir une certaine Amérique (quelque part entre Los Angeles et New York quoi). S'il fallait faire le difficile, je dirais que la deuxième partie est un cran en dessous, que c'est pas grave, mais je risquerais de passer pour un pisse froid et ça m'embêterais, alors je ne vais pas le faire et je dis que c'est un bon millésime dans la carrière de Clint, que Jeff Bridge y est cromignon, et que c'est un bon film.

canardeur

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Un Justicier dans la ville (Death wish) 1974 Michael Winner

Ce n'est pas un excellent film, mais c'est un bon scénario, qui aurait mérité un meilleur traitement. Tel quel, sans être éblouissant, ça fait le job, Charles Bronson y apporte un coté, euh, populaire ou grand public, qui brouille les pistes entre le divertissement et le fond, on va dire. Il faut croire que la recette est bonne, vu le succès à l'époque et sa place aujourd'hui.

 

justicier dans la ville

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La Femme des sables (Suna no onna) 1964 Hiroshi Teshigahara

Niki étouffe dans cette société où tout est ramené à la bureaucratie, alors il collectionne les insectes, c'est son échappatoire, c'est comme ça qu'il est lui-même. du moins le croit-il (certains autres regardent des films). Il part dans un désert de sable à la recherche d'une nouvelle espèce. Retenu captif dans une maison au fond d'un trou, où le sable s'écoule continuellement et d'où il faut l'évacuer chaque soir en en remplissant des seaux, il ne tarde pas à ressembler aux insectes qu'il chasse, il se rebelle, lutte contre ce sable symbolisant l'absurdité de l'existence. Mais peut-être se trompe-t-il, peut-être est-il plein d'illusions. Cette femme qui vit dans la maison, travaillant sans remettre en question son mode de vie, n'est-elle pas plus heureuse, en tout cas moins malheureuse ? Les courbes que le sable dessine se mêlent aux courbes de son corps, son corps nu recouvert d'une pellicule de sable, quand elle dort l'après-midi, compose une vision harmonieuse et sensuelle. Faut-il lutter ? Faut-il se rendre ? La vie est-elle absurde ? N'est-ce pas nous qui le sommes ? Voilà voilà. A part ça, c'est un très beau film, on sent que le gars à un sens visuel pointu, on y prend un plaisir d'esthète certain, surtout que c'est relevé par un très beau score de Toru Takemitsu. (vu en 2020)

femme des sables

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23 juillet 2020

La Sanction (The Eiger sanction) 1975 Clint Eastwood

Je ne l'avais jamais vu, et je m'attendais à un petit Eastwood sympa, et c'est bien normal, après Breezy et L'Homme des Hautes Plaines. En tout cas je ne m'attendais pas à cette daube. C'est con, mal écrit, ça ne veut rien dire, et il faut supporter toutes les vannes de beaufs que tout le monde envoie aux nanas en leur mettant la main au cul. Sérieux, doit pas être bien fier de celui-là, le Clint. Allez, on va dire que c'est une erreur de parcours, il y en aura d'autres.

sanction

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Détour (Detour) 1945 Edgar G. Ulmer

Ce petit film jouit d'une excellente réputation, et d'une entrée chez Criterion. C'est pas mal, même si je m'attendais à mieux. Ulmer est un bricoleur débrouillard qui sait tirer pari du peu qu'il a, et il n'a pas beaucoup, apparemment. Bon, ça reste un petit film, c'est vite expédié, on dirait un épisode d'Alfred Hitchcock présente, qu'on aurait développé sur une heure, pour te faire une idée.

detour

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Appropriate Behavior 2014 Desiree Akhavan

La preuve qu'être une jolie femme avec de l'esprit, bisexuelle, iranienne d'origine, vivant à Brooklyn, ne suffit pas à faire un bon film, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Sinon, on pense à Woody Allen et tout ça, bien sûr. (vu en 2020)

appropriate behavior

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La traque 1975 Serge Leroy

C'est un film glaçant et sans issue. Un rape and revenge sans revenge, sans le plaisir et l'échappatoire de voir la victime obtenir justice. Pendant un moment on pense qu'elle va se la faire, cette bande de dégueulasses, mais non, ils auront le dernier mot, tous ensemble, bien soudés. C'est extrèmement habile, et ça fait plaisir de voir réunis ces excellents acteurs, campant chacun une facette de l'ignominie de cette petite bourgeoisie. Même Bideau, un peu à part, qui ne goûte guère la compagnie de ses camarades, considerera son intérêt personnel et se rangera avec la meute, ce qu'il a l'air de faire depuis longtemps d'ailleurs. J'ai pensé à Mouchette, à Massacre à la Tronçoneuse. (vu en 2020)

traque

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22 juillet 2020

Les Chiens 1979 Alain Jessua

Alain Jessua dénonce l'extrème droite en montrant comment un mec louche (Depardieu), profitant du racisme ambiant et du sentiment d'insécurité naissant dans ces nouvelles banlieues, arme les habitants de chiens et les gagnent à sa cause, qui n'est rien d'autre que la mairie (pour commencer ?). Les chiens sont juste une métaphore (il n'y a pas de chiens méchants, il n'y a que des mauvais maitres, entend-on). La façon dont il filme l'architecture de cette petite ville est assez intéressante, lui donnant un air irréel. Le rythme est assez pépère finalement, ce qui ne dérange nullement, mais une scène sort du lot ; quand Nicole Calfan, lors d'un exercice d'attaque pour son toutou, galvanisée par Depardiou, envoie son chien sur lui, lui criant de le mordre, son visage évoquant une espèce d'extase. (vu en 2020)

chiens

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Starship troopers 1997 Paul Verhoeven

C'est bon de revoir ce film, avec ces jeunes hommes un peu cons et ces jeunes femmes trop belles, on dirait le casting d'une série pour ado, c'est photographié comme un sitcom, tout propre tout net, avec les yeux qui brillent et les dents étincelantes. C'est tout le talent de Verhoeven, de fabriquer un film de SF lambda, et de tout dynamiter de l'intérieur, faisant de ses héros de la chair à canon, pardon, à insectes, se foutant de la gueule de tout le monde, osant des plans limites (le cerveau et chef des insectes a, en guise de visage, un truc très vaginal, que les terriens "viole" avec un truc métallique et pointu), habillant ses militaires d'uniforme évoquant le nazisme, rien que ça. On regarde ça éberlué, n'en croyant pas nos yeux, ayant du mal à imaginer que ce film spectaculairement subversif et antifasciste ait pu sortir d'un studio hollywoodien dans les années 90. (vu en 2020)

starship troopers

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A Sun (Yang guang pu zhao) 2019 Mong-Hong Chung

Voilà un autre bon petit film de Mong-Hong Chung, après Godspeed. C'est une histoire de famille, et c'est mal parti pour celle-là, et alors que l'on redoute une résolution faite de bons sentiments, Chung trouve une fin inattendue, qui vend le film. (vu en 2020)

sun

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21 juillet 2020

The Blade (Dao) 1995 Tsui Hark

J'ai adoré ce film dès qu'on a commencé à en parler dans la presse spécialisée de l'époque, avant même de le voir, c'était une promesse trop belle pour être vrai. Mais une promesse tenue. Alors c'est sûr que c'est furieux, ça va vite (en même temps c'est Tsui Hark, pas Antonionni...), on a peur d'être distrait un instant et de louper quelque chose, car chaque plan, chaque seconde, propose une idée de mise en scène passionnante. Ça m'a d'ailleurs rappelé Fury road, mais The Blade n'a pas de temps morts ou de scènes un peu ridicules, c'est la folie du début à la fin. J'ai aussi pensé à Leone, pour ces personnages brutaux, sales et impurs. The Blade construit une nouvelle forme, Tsui Hark semblant penser que la meilleure méthode pour s'affranchir des formes cinématographique du passé est de tout défoncer à coup de sabre. Il reprend donc un film fondateur, The One-Armed Swordsman, en varie, un peu, les thèmes, mais surtout le mâche et le recrache comme du chewing gum. Plus de civilisation ici, fini la chine classique, c'est le chaos, c'est une chine métissée avec l'orient et l'occident, barbare, irreconnaissable et étonnante, en violente rupture avec ses représentations traditionnelles. Plus de camaraderie, chacun sert son intérêt personnel, le sabre est brisé depuis longtemps, il ne reste que le quart des pages du manuel d'art martial, dévoré par le feu. La mise en scène tente des choses folles, les acteurs ne jouent plus pour la caméra, c'est le cameraman qui se débrouille pour suivre. C'est expérimental, radical, dans son filmage, sa photographie, son récit, et ses combats, bien sûr. Le plus étonnant c'est que ce chaos est tout à fait maîtrisé, ce n'est pas un film punk qui envoie tout promener, il y a tout le talent de son auteur derrière, et le résultat laisse la bouche grande ouverte. Après ça, les autres films d'action semblent à la traîne. (vu en 2020)

blade

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Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il West) 1968 Sergio Leone

Que puis-je dire, moi, de cet incontournable, que je regarde depuis tout petit ? Je continue à lui préférer Le Bon, la brute... mais quand même, ça fait bien plaisir de le revoir. Évidemment il y a toutes ces scènes devenues mythiques, et cette musique incroyable. J'ai été très ému quand Claudia Cardinale débarque du train, cherchant en vain son irlandais, entre dans la gare, alors que la caméra passe sur le toit et révèle la ville, il y a cette musique et ce mouvement de caméra qui fonctionne à merveille. Mais je suis d'accord avec ma fille, Leone a peut-être la main un peu lourde avec la musique par moment. C'est la première fois que Leone introduit un personnage féminin important, et la Cardinale est sublime. On voit que c'est Cheyenne qui intéresse le plus Leone, c'est d'ailleurs le seul avec Jill qui évoque leur passé. A part ça ? En se remémorant le film, on se souvient de paysages et de visages. Il y a beaucoup de gros plan sur ces derniers, Leone se plaît à scruter chaque ride, chaque poil, et ces visages envahissant l'écran deviennent paysages à leur tour. Il y a aussi ce fameux étirement du temps, Leone ralentit le temps, faisant durer ses scènes, et le temps du film semble couler plus lentement que le nôtre, alors que la plupart des films l'accélère, le comprime. Il y a enfin ce présent contaminé par une nostalgie faite de passé révolu, de fin d'un monde, tandis que le nouveau est sur les rails. (vu en 2020)

 

il etait une fois dans l'ouest

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20 juillet 2020

Master and commander (Master and commander: the far side of the world) 2003 Peter Weir

Tout le monde dit du bien de ce film, et avec raison, ma foi. Pour conter son histoire d'un homme obsédé par l'idée de venir à bout de son ennemi, qui lui a mis bien profond au début du film, Peter Weir fait preuve d'un beau classicisme, il s'efface devant son histoire, trouve le ton juste, l'équilibre entre l'humain, l'aventure et la véracité, et délaisse le folklore, pas de pavillon à tête de mort ni de jambe de bois. On ne doute pas que ça a dû être un sacré tournage, mais il ne cherche même pas à le montrer, il ne fait pas de plan d'hélico autour de son navire, à la Peter Jackson. J'irais jusqu'à dire que le gars est humble, dans sa façon de refuser le spectaculaire, le romantisme, et que ça lui réussi, il ne fait preuve d'aucune lourdeur, il n'a pas besoin d'insister sur quoi que ce soit. Mieux que James Cameroun, je te le dis ! (vu en 2020)

master and commander

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19 juillet 2020

Invasion (Yocho) 2017

Comme d'hab' chez Kiyoshi, on admire cette mise en scène économe qui sait susciter l'inquiétude avec trois fois rien, un plan cadrant un rideau soulevé par le vent un peu trop longtemps, une silhouette immobile à l'arrière plan, qui alterne avec des scènes fortes, comme celles ou tout le monde s'écroule au passage de ces envahisseurs. C'est bien, et on remercie Kurosawa de proposer une autre voie dans la peur, personnelle et loin des poncifs. Après c'est pas dénué de problèmes, il y a cette invasion frustrante parce que l'on n'en voit rien, mais ce qui m'a le plus gêné, c'est ce couple qui ne fonctionne pas, mais alors pas du tout. Me suis demandé si c'était pas son frangin ou son coloc avant de comprendre qu'ils étaient ensemble. A part ça, il y a un beau score, notamment deux beaux morceaux dont un pendant le générique de fin, hommage aux films d'invasions extraterrestre d'antan. (vu en 2020)

invasion

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