Hero (Ying Xiong) 2002 Yimou Zhang
Cette machination incroyable pour se rapprocher assez près du roi et lui porter un coup fatal, ces différentes strates du récit changeant le sens des chapitres précédents, cette esthétique clinquante ; dit comme ça, on pourrait croire à un film du Chu Yuan de la glorieuse époque Chaw Brothers. Chez ce dernier, il fallait toujours courir après le récit pour ne pas se faire distancer, et puis c'était assez fun, sans vouloir être réducteur. Chez Zhang, c'est sûr que ça va pas trop vite, on a bien le temps de tout capter. On dirait qu'il plie le genre du wu xia pian pour l'amener au public occidental (c'était le mouvement inverse qui s'opérait jusqu'alors). Le film mise tout sur un visuel convocant moults jolis costumes, codes couleurs, fréquents ralentis, combats en apesanteur sur musique zen new age, et de fait certaines scènes fonctionnent et sont vraiment pas mal, d'autres moins. Le problème selon moi est que cette esthétique très m'a tu vu (disont que Zhang n'a pas peur d'en faire trop), ce jeu désincarné, ces combats plus mentaux que physiques, le manque de distance qu'aurait apporté une touche d'humour, donne un film un peu déminéralisé, statique, un comble pour le cinéma d'art martiaux, où le mouvement est tout. Et Zhang Ziyi joue comme une casserole (faite la taire !). Mais on ne peux pas enlever à Zhang Yimou le goût de l'expérimentation, et son film s'inscrit dans une longue tradition du film de sabre, qu'il prolonge et renouvelle. (vu en 2018-2018)

























